Le « religieux/spirituel » dans les musiques contemporaines et les subcultures associées : gothique, métal…

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par Alexis Mombelet, sociologue/formateur à l’IRTS de Montrouge


Le metal désigne un courant musical qui naît au tournant des années 1960, 1970. Il est une radicalisation de la musique rock, à la fois sur le plan musical, sur celui des pratiques sociales et des imaginaires qui l’accompagnent. S’il rassemble plusieurs centaines de milliers de personnes en France, ce phénomène musical et culturel reste en partie méconnu du grand public. Plus encore, le metal éveille la suspicion de médias et de certains responsables politiques et religieux en raison des discours contestataires et de l’« imaginaire satanique » qu’il véhicule auprès de la jeunesse en particulier. Mené sur plusieurs années, le travail d’enquête qui s’inscrit dans le cadre d’une sociologie compréhensive, se propose de lever le voile sur ce phénomène. Plus précisément, il s’agit d’apprécier dans quelle mesure les métalleux, autrement dit les auditeurs et musiciens de musique metal, donnent sens et sont saisis par un « projet mythologique », qui s’articule à la fois au jeu et au don.
Associé à une forte charge affective, le metal correspond à un projet mythologique en tant que style de vie anticonformiste et se déploie au travers des mythèmes faustien, sex, drugs and rock’n’roll et du Nord. Un style de vie, une manière d’être et de penser, qui s’exprime en particulier lors des concerts et autres festivals, irrigués par le jeu. Le temps de ces rassemblements, marqué par le débridement des corps, les comportements des métalleux participent d’une « sacralité ludique ». Par ailleurs, en marge de la raison utilitariste, le modus operandi de la tribu metal, s’il repose sur le jeu, n’apparaît pas étranger à une logique du don/contre-don. En somme, le metal et son projet mythologique, sans cesse composeraient avec homo ludens et homo donator.